Appeler (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

( j'appelle, nous appelons ; j'appelais, nous appelions ; j'appelai ; j'appellerai ; j'appellerais ; appelle, appelons ; que j'appelle, que nous appelions ; que j'appellasse ; appelant ; appelé ). X e siècle. Emprunté du latin appellare, « pousser vers, aborder, adresser la parole (à) ».

I. Pourvoir d'un nom.
1. Désigner par un nom, nommer. Les magistrats qu'on appelait à Rome tribuns du peuple. Un chien appelé Azor. Comment appelle-t-on cette roche ? Ce métal fut appelé uranium. Elle appela son fils Jacques. Pron. Son fils s'appelle Jacques. Comment vous appelez-vous ? Henri Beyle a choisi de s' Stendhal en littérature. Cette fleur s'appelle anémone. Expr. Appeler les choses par leur nom, ne pas affaiblir la vérité, avoir son franc-parler. Appeler un chat un chat, parler sans circonlocutions.
2. Désigner une personne ou une chose par le terme qui la définit le mieux. J'appelle ami celui qui restera fidèle dans l'adversité. On l'a appelé voleur, fripon. Peut-on courageuse une action si téméraire ? Pron. Une telle conduite s'appelle folie. Cela s'appelle parler (fam.), voilà qui s'appelle parler (vieilli), voilà ce qui s'appelle parler, voilà des propos énergiques et nets. C'est ce qui s'appelle un chef-d'œuvre, cela mérite ce nom. Voilà ce qui s'appelle un marché de dupes.
3. Spécialt. Prononcer à voix haute le nom de quelqu'un, en faisant l'appel nominal des membres d'un groupe, d'une assemblée. On a appelé tous les élèves de la classe. Je ne me suis pas entendu , je n'ai pas entendu mon nom quand on a lu cette liste. . Appeler une cause, lire tout haut le nom des parties, afin que les avocats viennent plaider. On vient d' votre cause. La cause sera appelée à son tour.

II. Faire venir.
1. Inviter quelqu'un à venir en prononçant son nom. Il appela à haute voix son compagnon. On vous appelle par la fenêtre. Appeler son chien. Par ext. Appeler à l'aide, au secours ou, absolt., appeler, crier pour demander de l'aide, du secours et, par anal., demander son appui à quelqu'un. Le blessé appelle, appelle au secours, appelle un voisin à son secours. Il nous a appelés au secours pour régler sa dette. Spécialt. Appeler quelqu'un au téléphone, entrer en communication téléphonique avec lui. Ellipt. Appelez-moi pour me confirmer le rendez-vous. Par anal. En parlant d'un animal. Émettre son cri pour attirer un de ses congénères. La brebis appelle l'agneau. La vache appelle le taureau. La poule appelle ses poussins. Spécialt. Appeler des oiseaux en imitant leur cri. Expr. proverbiale. C'est le chien de Jean de Nivelle, qui s'enfuit quand on l'appelle.
2. Inviter à venir ; réclamer la présence de quelqu'un. Appeler un médecin, un prêtre. Appeler sa famille auprès de soi. Tous les responsables furent appelés à une réunion. Ce musicien fut appelé à la cour. Expr. Appeler au combat, en duel (vieilli), défier. . Inviter quelqu'un à se présenter devant une juridiction. Les parties ont été appelées en justice. Appeler un témoin. Être appelé comme expert.

Appeler sous les drapeaux ou, absolt
, appeler, convoquer une ou plusieurs classes pour le service militaire ou en raison de la mobilisation. Il a été appelé en 1950. Fig. Chercher à attirer. Appeler sur une famille la bénédiction du ciel. Appeler sur quelqu'un le mépris public, s'efforcer de le rendre l'objet du mépris public. Appeler la pluie de ses vœux.
3. Avertir quelqu'un qu'il peut ou doit se trouver en un lieu déterminé, accomplir une action déterminée. Les cloches appellent les fidèles à l'église. Le signal appelle à l'exercice, au travail. La sonnerie vient d' au déjeuner. Par anal. Ce beau temps nous appelle à la promenade. Fig. Exiger la présence de quelqu'un. J'irai où l'honneur, où le devoir m'appelle. Mes affaires m'appellent ailleurs. Spécialt. Désigner pour remplir une fonction, une mission. Appeler quelqu'un à un poste ministériel, au commandement des armées. Il fut appelé à siéger au conseil. Cet homme d'État fut appelé par les évènements à sortir de sa retraite. Ses compétences l'appelaient à exercer cette charge. Dieu appela saint Paul à l'apostolat.
4. Rendre nécessaire ; exiger, réclamer. Ce crime appelle un châtiment. Ces abus appellent une réforme. La situation appelle tous nos soins. Cette question en appelle une autre, l'évoque nécessairement. Ce verbe appelle un complément. Appeler l'attention, l'attirer. J'appelle votre attention sur ce point. Expr. proverbiales. La violence appelle la violence. Le sang appelle le sang.
5. Intranst. . Frapper d'appel une décision. En d'un jugement devant la juridiction supérieure. Fig. J'appelle, j'en appelle de votre décision, je la conteste, je refuse de m'y soumettre. Par ext. Expr. En à, invoquer, s'en remettre à. J'en appelle à votre témoignage. J'en appelle à votre bonne foi, à votre probité. En à la postérité, s'en référer au jugement de la postérité.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("J'appelle; nous appelons.") Désigner quelqu'un par son nom ou Pourvoir quelqu'un d'un nom. "Comment appelez-vous cet homme? On l'appelle Pierre, Jean. Comment appellerez-vous votre premier enfant? Comment vous appelez-vous? Je m'appelle Louis. Il s'appelle Charles. C'est ainsi qu'on l'appelle. Cette fleur s'appelle anémone. Cette montagne fut appelée de ce nom à cause de... Cette ville fut ainsi appelée du nom de son fondateur. Je ne sais comment on appelle cette plante, cet animal. Appelez-les comme il vous plaira. Ceux qu'on appelle philosophes. Les magistrats qu'on appelait à Rome tribuns du peuple."
Prov., "Appeler les choses par leur nom," Ne pas affaiblir par ses expressions des vérités dures.
Il signifie pareillement Désigner une personne ou une chose par quelque qualité bonne ou mauvaise. "J'appelle un ami celui qui se montre tel dans les circonstances difficiles. Il l'appela voleur, fripon. Peut-on courageuse une action si téméraire et si folle? On appellera toujours folie une conduite pareille à celle-là. Ceux qui s'appellent les gens comme il faut, les sages par excellence. Cela s'appelle un véritable ami. Cela s'appelle folie en bon français."
Fam., "Cela s'appelle parler, voilà ce qui s'appelle parler," se dit lorsque quelqu'un fait des propositions plus avantageuses qu'on ne s'y attendait ou lorsqu'on loue quelqu'un d'avoir dit, sur une question longtemps agitée, des choses claires, lumineuses, péremptoires.
Il signifie en outre Désigner par leur nom ceux qui doivent se trouver présents en quelque endroit. "On va tous les soldats l'un après l'autre. Ce soldat n'était pas à la caserne quand on l'a appelé. Je ne me suis point entendu quand on a lu cette liste. Beaucoup d'appelés et peu d'élus."
En termes de Palais, "Appeler une cause," Lire tout haut le nom des parties, afin que leurs avocats viennent plaider pour elles. "On vient d' votre cause. La cause sera appelée à son tour de rôle."
Il signifie également Faire venir en se servant de la voix. "Je l'appelle et il ne vient point. Il appelait inutilement, pas un domestique n'était à la maison. Appelez un tel. Appeler les voisins. Appeler à haute voix. Dieu appela Samuel pendant qu'il dormait. Appelez mes gens. Appeler de toute sa force. Appeler son chien." On dit aussi, par extension, "Ne pouvant plus l' de la voix, il l'appelait encore de la main. Appeler des yeux, du geste."
Il se dit également en parlant du Cri dont les animaux se servent pour faire venir à eux ceux de leur espèce. "Le mâle appelle sa femelle. La brebis appelle son agneau. La vache appelle le taureau. La poule appelle ses poussins." On dit, dans un sens analogue, "Appeler des oiseaux en imitant leur cri."
"Appeler au secours, à l'aide," Crier au secours, crier à l'aide, invoquer le secours, l'aide de quelqu'un. On dit de même "Appeler quelqu'un à son secours, du secours, etc." Fig., "Appeler à son secours," se dit en parlant des Moyens extraordinaires que l'on emploie pour venir à bout de quelque chose. "Il appelle à son secours le manège et l'intrigue pour mieux réussir dans son entreprise."
Il signifie encore Inviter à venir. "Appeler le médecin, le chirurgien. Appeler le confesseur. Cet artiste fut appelé en France, à la cour, par tel prince. Appeler un général à l'armée. Tous les chefs furent appelés à ce Conseil. Les Maures furent appelés en Espagne par le comte Julien."
Il signifie particulièrement, en termes de Procédure, Citer devant le juge. "Appeler en justice. On l'a fait pour se voir condamner à payer une somme. Appeler quelqu'un en témoignage. Être appelé comme témoin. Appeler en garantie. Le juge ordonna que les parties seraient appelées."
"Appeler au combat, en duel," ou simplement "Appeler," Envoyer, défier.
"Appeler sous les drapeaux," ou simplement "Appeler," Convoquer les soldats d'une classe à se rendre sous les drapeaux. "La réserve fut appelée sous les drapeaux. On va bientôt la classe de telle année."
"Dieu vient de l' à lui," se dit en parlant d'une Personne qui vient de mourir.
"Appeler sur quelqu'un le mépris public, la haine de tous, etc.," S'efforcer de le rendre l'objet du mépris public, de la haine générale, etc.
"Appeler sur quelqu'un, sur une famille, sur un pays les bénédictions du Ciel," Les leur souhaiter ou les leur attirer.
APPELER se dit aussi en parlant de Tout ce qui sert de signal pour avertir de se trouver en quelque lieu. "Les cloches appellent à l'église. Une cloche appelle à la prière, au travail, au déjeuner. La sonnerie qui appelle à l'exercice, à la soupe, etc."
Il se dit figurément en parlant de Tout ce qui avertit, qui excite, qui oblige à se trouver en quelque endroit, pour quelque chose que ce puisse être. "J'irai où l'honneur, où le devoir m'appelle. La charité vous y appelle. Mes affaires m'appellent ailleurs. La vengeance l'appelle. Ce beau temps nous appelle à la chasse."
Il signifie quelquefois Rendre nécessaire. "Ce crime appelle la vengeance des lois. Ces abus appellent une réforme. Ce mot ne peut être employé seul, il appelle un complément. Ce grave sujet appelle toute votre attention."
"Appeler l'attention de quelqu'un sur quelque chose," L'inviter, l'engager à y faire attention, à y donner son attention. "J'appelle à cet égard toute votre attention. Appeler l'attention" se dit aussi de Quelque chose qui attire l'attention. "Un bruit extraordinaire appela, vint notre attention."
APPELER se dit aussi à propos des Inspirations que Dieu nous envoie et par lesquelles il nous fait connaître sa volonté. "Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Dieu appela saint Paul à l'apostolat. Dieu appelle les chrétiens à la vie éternelle," Il leur donne tous les moyens de la mériter. "Il fut appelé de Dieu à cette mission."
Il se dit également en parlant des Personnes dont on fait choix, que l'on désigne pour quelque fonction ou quelque action importante. "Appeler quelqu'un à un poste. Il fut appelé à siéger dans le Conseil. L'important devoir que nous sommes appelés à remplir. Il fut appelé à lui succéder."
Il se dit pareillement des Qualités, des talents et des circonstances qui déterminent la vocation, le sort, la condition de quelqu'un. "Le génie de Turenne l'appelait au commandement des armées. Il a su jouer le rôle auquel il a été appelé par les événements."
Il s'emploie aussi absolument en termes de Procédure et signifie Recourir à un tribunal supérieur pour faire réformer le jugement, la sentence d'un tribunal inférieur. "Il appellera de ce jugement. Il a appelé du tribunal de première instance à la Cour d'appel. Appeler comme de juge incompétent. Appeler à minimâ."
"Appeler comme d'abus" signifiait Appeler à une autorité laïque d'un jugement, d'un acte du pouvoir ecclésiastique qu'on prétend entaché d'abus.
Fig. et fam., "J'appelle de votre décision," ou "J'en appelle," Je ne me soumets pas à votre décision, je ne l'adopte pas.
Fig., "J'en appelle à votre témoignage," J'invoque votre témoignage. "J'en appelle à votre probité, à votre honneur, à votre sagesse, etc.," Je m'en réfère à votre probité, à votre sagesse, etc.
Fig., "En à la postérité," S'en référer au jugement de la postérité.
Fig. et fam., "Il en a appelé," se dit de Quelqu'un qui est revenu d'une grande maladie.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Appeler quelqu'un à haute voix. Appeler chacun par son nom. Qui m'appelle ?
    Appeler les lettres de l'alphabet, les nommer successivement l'une après l'autre.
    En termes de palais, une cause, dire à haute voix le nom des parties.
    Appeler son chien, l' de la voix ou en sifflant.
    Il se dit des animaux. La brebis appelle son agneau ; la poule appelle ses poussins.
    Absolument. Il appelle, et personne ne vient.
    Fig. Appeler à son aide sa vertu. Celui qui sent sa faiblesse, appelle à son secours le manége et l'intrigue.
BOSSUET: « Il appelle les idolâtres à la connaissance de Dieu »
RAC.: « Quelquefois elle appelle Oreste à son secours »
RÉGNIER: « Par les dieux qu'en pleurant tes serments appelèrent »
VERTOT: « Il appelait à témoin les dieux et les hommes que la république était trahie »
    Appeler des oiseaux, les attirer en se servant d'un appeau.
    Absolument, en termes de chasse.
LA FONT.: « Quelque terrier, dit-il, a sauvé mon galant ; Mes chiens n'appellent point au delà des colonnes »
    Ce chien appelle en faux, il aboie dans l'endroit où les perdrix ont été, ou à la rencontre du frai des perdrix.

 2   Louis XIV appela Colbert dans ses conseils. Si tu appelles le médecin. Les destinées nous appellent. Appeler la bienveillance par ses bons offices. La corneille appelle la pluie. Le coq appelle le jour. Une fourberie en appelle une autre.
RAC.: « N'est-ce pas vous enfin de qui la voix pressante Nous a tous appelés aux campagnes du Xanthe ? »
BOILEAU: « Les cloches dans les airs de leurs voix argentines Appelaient à grand bruit les chantres à matines »
RAC.: « Nos vaisseaux sont tout prêts et le vent nous appelle »
VOLT.: « Et nos champs, malheureux par leur fécondité, Appellent l'avarice et la férocité Des brigands du midi, du nord et de l'aurore »
RAC.: « Au pied de ses remparts quel intérêt m'appelle ? »
VOLT.: « L'infidèle en nos murs appelle l'étranger »
RAC.: « Enfin, las d' un sommeil qui le fuit.... »
RAC.: « Argos nous tend les bras, et Sparte nous appelle »
    Par extension. Dieu vient de l' à lui, il vient de mourir. Je sens que Dieu m'appelle à lui, je sens que ma fin approche.

 3   Appeler un adversaire au combat. Appeler à une lutte de talents.
    Appeler en duel ou simplement , provoquer à un combat singulier.
RÉGNIER: « Je l'irais comme mon adversaire »
HAMILT.: « Il fit le duc de Buckingham »
MOL.: « Je sais de bonne part qu'on t'a fait »

 4   Appeler quelqu'un en justice. Les uns sont condamnés, les autres ne sont pas même appelés.
    Appeler quelqu'un en témoignage ou comme témoin.
    Appeler quelqu'un en garantie.

 5   Appeler des soldats sous les drapeaux. Appeler les vétérans. On appelle le contingent de cette année.

 6   Tous les voeux l'appellent. Appeler le malheur, la vengeance du ciel sur quelqu'un. Armée qui appelle le combat de tous ses voeux. Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il appelait sur vous la haine et le mépris.

 7   Appeler quelqu'un à une charge. Il fut appelé au trône. Être appelé au consulat. Appeler quelqu'un à siéger dans le sénat. Appeler à une chaire un professeur habile. Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Le génie de Turenne l'appelait au commandement des armées.
RAC.: « Quoi ! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire. Qui l'avez appelé de si loin à l'empire.... »

 8   Cette conduite appelle votre sévérité. Les affaires intérieures appelèrent son attention. Ce crime appelle la vengeance des lois.
LAMART.: « Ton audace à la fin appelle ma vengeance »

 9   Appeler une chose de plusieurs manières. Appeler quelqu'un le sauveur de la patrie.
BOILEAU: « Je n'appellerai jamais libre un homme.... J'appelle un chat un chat et Rollet un fripon »
BOSSUET: « Il n'y a point de particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à Dieu tout ce qu'il pense »
    Familièrement. Appeler les choses par leur nom, ne pas affaiblir par des mots ce que certaines vérités peuvent avoir de dur.

 10   V. n. Appeler de, recourir à un tribunal supérieur. Appeler d'un jugement.
BOSSUET: « Loi qui permit d' au peuple des consuls »
LA BRUY.: « Et nous faire désirer au moins que Dieu existât, à qui nous pussions du jugement des hommes »
FLÉCH.: « Il lui remontra qu'encore qu'il n'y ait point de juge à qui l'on puisse de lui, il faut qu'il en appelle lui-même au tribunal de sa conscience »
    Appeler comme d'abus, d'un tribunal ecclésiastique à l'autorité laïque.
    Fig. Appeler de, ne pas se soumettre. J'appelle de votre décision.
BÉRANG.: « Jupin, de ton arrêt j'appelle ; Ta balance et tes poids sont faux »
MONTESQ.: « Avec le sens actif, en droit féodal, son seigneur de faux jugement, c'était dire que son jugement avait été faussement rendu »

 11   En .
LA BRUY.: « Celui qui n'a pas fait sa fortune à la cour, est censé ne l'avoir pas dû faire ; on n'en appelle pas »
LA BRUY.: « Vauban est infaillible ; on n'en appelle point »
    En à, s'en référer à, recourir.
MASS.: « Souffrez, mes frères, que j'en appelle à votre conscience »
CHATEAUB.: « Charles I était brave ; il pouvait en à l'épée »
    Familièrement. Il en a appelé, se dit d'un homme qui a échappé à une maladie dangereuse.

 12   En termes de marine, une manoeuvre appelle droit, si elle arrive directement au point où la force est appliquée ; elle appelle de loin, quand le lieu où elle est amarrée est éloigné.

 13   V. réfl. Avoir pour nom. Comment t'appelles-tu ? Parce que je m'appelle lion. Cette maladie s'appelle avarice. La mort ne peut s' un mal.
    Voilà qui s'appelle un témoignage de véritable amitié ; c'est là un témoignage de véritable amitié. D'après de Caillières, voilà qui s'appelle, était une locution de la cour.
    Voilà qui s'appelle parler, voilà un langage ferme et franc. Nous disons aujourd'hui de préférence : Voilà ce qui s'appelle.
      MÉRY, et BARTHÉLEMY, le Congrès des ministres: Je vais, victime de mon zèle, M'envelopper dans ma vertu. - Voilà, voilà ce qui s'appelle être légèrement vêtu
    Se donner un titre. Le monarque de la Perse s'appelle dans ses inscriptions le roi des rois.
    S'appeler, s'inviter l'un l'autre a venir. Pour ne pas se séparer dans le bois, ils s'appelaient de temps en temps.

PROVERBE Il est comme le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, se dit en parlant d'un homme qui ne fait rien de ce que l'on souhaite.

REMARQUE
    Il y a des personnes qui confondent , terme de justice, et rappeler. On dit et non r d'un jugement.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     L. de Guill. 4: Se alquens [aucun] est apeled de larecin u de roberie....
     ib. 6: Que est forfeng en angleis apeled
     Ch. de Rol. XXXVII: Dist Blancandrins : apelez le franceis
     ib. CCXXXVIII: À sei [il] apele son fil et les deus reis
    XIIème siècle
     Rois, p. 12: Veez mei ici, kar tu m'apelas
     Ronc. p. 111: La fist Joyeuse Charles maine apeler [son épée]
HUES DE LA FERTÉ: « Tel chose [le comte Tibaut] a faite en sa vie Dont [il] deüst estre apelés [en champ clos] »
     Sax. XXIX: Salomons les apele devant le duc Richart
     Th. le mart. 41: Quant veit li arcevesques, prist sei à purpenser, La curt à l'apostolie li estut apeler, Saveir s'il se purreit par issi delivrer
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Et après i envoia un cardonnal qui est appelés maistre Pieron de Capes »
     Berte, CXV: Constance à ce conseil fu mout tost apelée
     Ren. 18116: De la moie part le desfie ; Si l'apele de felonie
     ib. 1422: Pintain [il] apele, où moult se croit ; à une part l'a apelée
BEAUMANOIR: « Nus ne doit fere enqueste seus [seul], qu'il n'apiat bone gent avec li por fere l'enqueste »
BEAUMANOIR: « S'on apele du jugement et li jugemens est trovés malvès »
BEAUMANOIR: « S'il apeloit son home de murdre ou de traïson »
BEAUMANOIR: « Le capitre qui parole des deffenses à l'apelé »
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Du dittateur ne pooit on apeler au peuple »
    XVIème siècle
CALV.: « Ilz en appelloyent à Rome »
MONT.: « Faisant requeste à Dieu de l'appeller à lui »
MONT.: « Il l'appella deux ou trois fois par son nom pour l'esveiller »
MONT.: « Appellant sur eulx la vengeance divine »
MONT.: « Nations moins barbares en cela que la grecque qui les en appelle »
MONT.: « Il se feit porter où le besoing l'appeloit »
MONT.: « J'ay ma chevance mieulx logée qu'en des coffres appelant sur moy la haine »
LA BOËTIE: « Cela est ce vivre heureusement ? cela s'appelle il vivre ? »
LA BOËTIE: « Aux provinces où il y a un satrape qu'ils appellent, celuy là a le soin et superintendance de l'un et de l'autre »
AMYOT: « Pourtant t'appelle je mon pere, ne trouvant autre appellation plus venerable »
AMYOT: « Il s'alla camper près du bourg qui s'appelle Cannes »
RONS.: « La vieille injure appelle la nouvelle »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. aipelai ; provenç. appellar ; espagn. apelar ; ital. apellare ; du latin appellare, de ad, à (voy. à), et pellare, inusité et signifiant parler.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE APPELER.

 4   Ajoutez :
SAURIN: « Il [saint Paul] montrera que, bien loin que les dignités soient capables de soustraire les hommes au jugement de Dieu, c'est cela même qui les y appelle et qui aggrave leur compte »

 14   S'appeler, se donner un titre à soi-même.
MASS.: « On n'eut égard aux sollicitations que pour exclure ceux qui étaient assez téméraires pour solliciter et s' eux-mêmes »

REMARQUE
    Écrivez : appelé-je, et non appellé-je, par la même raison qui fait qu'on écrit appelai et non appellai. Cette remarque s'applique à tous les verbes en eler et en eter : jeté-je et non jetté-je.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("J'appelle. J'appelais. J'ai appelé. J'appellerai. Appelant.") Nommer; dire le nom d'une personne, d'une chose, ou lui imposer, lui donner un nom. "Comment appelez-vous cet homme? On l'appelle Pierre, Jean. Comment appellerez-vous votre premier enfant? C'est ainsi qu'on l'appelle. Cette montagne fut appelée de ce nom à cause de... Cette ville fut ainsi appelée du nom de son fondateur. Je ne sais comment on appelle cette plante, cet animal. Appelez-les comme il vous plaira. Ceux que nous appelons anciens. Ceux qu'on appelle philosophes. Les magistrats qu'on appelait à Rome tribuns du peuple. Les familles nobles qu'on appelait patriciennes."
Prov., "Il appelle les choses par leur nom," se dit D'un homme qui n'affaiblit pas, par ses expressions, des vérités dures.
"Appeler les lettres," Les nommer, les désigner par leur nom.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie particulièrement, Donner un titre d'honneur, d'amitié, etc. "Les Romains, que Virgile appelle le peuple-roi. Hérodote, qu'on appelle le père de l'histoire. Les rois de France furent appelés les fils aînés de l'Église. Ce vieillard m'appelle son fils. L'histoire, qu'on appelle la sage conseillère des rois."
Il signifie pareillement, Désigner une personne ou une chose par quelque qualité bonne ou mauvaise. "J'appelle un ami celui qui se montre tel dans les circonstances difficiles. Il l'appela voleur, fripon. Peut-on courageuse une action si téméraire et si folle? On appellera toujours folie une conduite pareille à celle-là. C'est ce qu'on appelle franchir les bornes de la décence."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



dans ces diverses acceptions, s'emploie aussi avec le pronom personnel. "Comment vous appelez-vous? Je m'appelle Louis. Cette fleur s'appelle Anémone. Il s'appelle Charles. Ceux qui s'appellent les gens comme il faut, les sages par excellence. Cela s'appelle un véritable ami. Cela s'appelle folie en bon français."
Fam., "Cela s'appelle parler, voilà ce qui s'appelle parler," se dit Lorsque quelqu'un fait des propositions plus avantageuses qu'on ne s'y attendait. Ces phrases s'emploient aussi Pour louer quelqu'un qui a dit, sur une question longtemps agitée, des choses claires, lumineuses, péremptoires.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie en outre, Prononcer à haute voix les noms de ceux qui doivent se trouver présents en quelque endroit. "On va tous les soldats l'un après l'autre. Ce soldat n'était pas à la caserne quand on l'a appelé. Je ne me suis point entendu quand on a lu cette liste."
Au Palais, "Appeler une cause," Lire tout haut le nom des parties, afin que leurs avocats viennent plaider pour elles. "On vient d' votre cause. La cause sera appelée à tour de rôle."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie également, Se servir de la voix ou de quelque signe pour faire venir quelqu'un. "Je l'appelle, et il ne vient point. Il appelait inutilement, pas un domestique n'était à la maison. Appelez un tel. Appeler quelqu'un par son nom. Ne pouvant plus l' de la voix, il l'appelait encore de la main. Appeler des yeux, du geste. Appeler les voisins. Appeler à haute voix. Appelez mes gens. Appeler de toute sa force." Dans ce sens, il se dit aussi en parlant De certains animaux domestiques. "Appeler son chien. Appeler un cheval. Etc."
Il se dit également Du cri dont les animaux se servent pour faire venir à eux ceux de leur espèce. "Le mâle appelle sa femelle. La brebis appelle son agneau. La vache appelle le taureau. La poule appelle ses poussins." On dit dans un sens analogue, "Appeler des oiseaux en imitant leur cri, etc."
"Appeler au secours, à l'aide," Crier au secours, crier à l'aide, invoquer le secours, l'aide de quelqu'un. On dit de même, "Appeler quelqu'un à son secours, du secours, etc."
Fig., "Appeler à son secours," se dit en parlant Des moyens extraordinaires que l'on emploie pour venir à bout de quelque chose. "Il appelle à son secours le manége et l'intrigue, pour mieux réussir dans son entreprise."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Mander, faire venir, inviter à venir. "Appeler le médecin, le chirurgien. Appeler le confesseur. Quand le feu est à une maison, on appelle les pompiers. Appeler la garde. Cet artiste fut appelé en France, à la cour, par tel prince. Appeler un général à l'armée. Tous les chefs furent appelés à ce conseil. Quand il se vit menacé par tant d'ennemis, il appela ses alliés. Le comte Julien appela les Maures en Espagne."
Il signifie particulièrement, Citer, faire venir devant le juge. "Appeler en justice. On l'a fait pour se voir condamner à payer une somme. Appeler quelqu'un en témoignage. Être appelé comme témoin. Appeler en garantie. Le juge ordonna que les parties seraient appelées."
"Appeler au combat, en duel," ou simplement, "Appeler," Envoyer défier.
"Appeler sous les drapeaux," ou simplement, "Appeler," Sommer de se rendre sous les drapeaux. "La réserve fut appelée sous les drapeaux. On va bientôt la classe de telle année."
"Dieu vient de l' à lui," se dit en parlant D'une personne qui vient de mourir.
"Appeler sur quelqu'un le mépris public, la haine de tous, etc.," S'efforcer de le rendre l'objet du mépris public, de la haine générale, etc.
"Appeler sur quelqu'un, sur une famille, sur un pays, les bénédictions du ciel," Les leur souhaiter, ou Les leur attirer.



7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi De toutes les choses dont le son sert de signal pour avertir de se trouver en quelque lieu. "Les cloches appellent à l'église. Une cloche appelle à la prière, au travail, au déjeuner. La trompette appelle au combat. J'entends l'heure qui m'appelle."
Il se dit figurément De tout ce qui avertit, qui excite, qui oblige à se trouver en quelque endroit, pour quelque chose que ce puisse être. "J'irai où l'honneur, où le devoir m'appelle. La charité vous y appelle. Mes affaires m'appellent ailleurs. La vengeance l'appelle. Ce beau temps nous appelle à la chasse."
Il signifie quelquefois, Nécessiter, réclamer, exiger. "Ce crime appelle la vengeance des lois. Ces abus appellent une réforme. Ce mot ne peut être employé seul, il appelle un complément, un régime. Ce grave sujet appelle toute votre attention." On dit dans un sens analogue, "Appeler l'attention de quelqu'un sur quelque chose," L'inviter, l'engager à y faire attention, à y donner son attention. "J'appelle à cet égard toute votre attention."
"Appeler l'attention," signifie aussi, quelquefois, Exciter et captiver l'attention. "Un bruit extraordinaire appela, vint notre attention."



8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des inspirations que Dieu nous envoie, et par lesquelles il nous fait connaître sa volonté. "Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Dieu appela saint Paul à l'apostolat. Dieu appelle les chrétiens à la vie éternelle," Il leur donne tous les moyens de la mériter.
Il se dit également en parlant Des personnes dont on fait choix, que l'on désigne pour quelque fonction ou quelque action importante. "Appeler à une chaire un professeur habile. Il fut appelé à siéger dans le conseil du prince. L'important devoir que nous sommes appelés à remplir. Le voeu de ses concitoyens l'appela au trône. Il fut appelé à lui succéder."
Il se dit pareillement Des qualités, des talents, et des circonstances qui déterminent la vocation, le sort, la condition de quelqu'un. "Cet homme n'a aucune disposition pour la guerre, il n'était point appelé à ce métier-là. Le génie de Turenne l'appelait au commandement des armées. Sa naissance l'appelait à régner."



9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi neutre, et signifie, Recourir à un tribunal supérieur, pour faire réformer le jugement, la sentence d'un tribunal inférieur. "Il appellera de ce jugement. Il a appelé du tribunal de première instance à la cour royale. Appeler comme de juge incompétent."
"Appeler comme d'abus," Appeler à une autorité laïque, d'un jugement, d'un acte du pouvoir ecclésiastique, qu'on prétend avoir été mal et abusivement rendu ou publié.
Fig. et fam., "J'appelle de votre décision," ou "J'en appelle," Je ne me soumets pas à votre décision, je ne l'adopte pas.
Fig., "J'en appelle à votre témoignage," J'invoque votre témoignage. "J'en appelle à votre probité, à votre honneur, à votre sagesse, etc.," Je m'en réfère à votre probité, à votre sagesse, etc.
Fig., "En à la postérité," S'en référer au jugement de la postérité.
Fig. et fam., "Il en a appelé," se dit D'un homme revenu d'une grande maladie.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou APELER, v. a. [2e "e" muet, mais devant la syll. "fém." il se change en "è" moy. J'"apelle", ou j'"apèle"; il "apellera", ou il "apèlera".] 1°. Nommer, dire le nom de..... Comment "apelez"-vous "cet" homme? Comment "vous" apelez-vous? Il "s'apelle" Jean. Je "m'apelle" Pierre.
- 2°. Faire l'apel de... Voyez APPEL, n°. 3°. = 3°. Il se dit du cri des animaux, qui atire ceux de leur espèce. Voy. "Appeau". Et de toutes les chôses, dont le son sert de signe pour faire qu'on se trouve à un endroit. 'Les cloches "apèlent à" l'Église.
- 4°. À~ l'actif et au passif, il se dit de la vocation à un état. 'Dieu "l'apeloit" à la solitude, "au" St. Ministère: '"Il est apelé à briller" dans le Barreau: 'Il "n'étoit" point "apelé à" cette profession. Il n'y avait pas de disposition naturelle.
- 5°. APELER; citer, faire venir devant le Juge. "Apeler en" Justice, "en" garantie, "en" témoignage, etc.
- 6°. "Apeler", neutre: provoquer d'un Juge subalterne à un Tribunal supérieur. '"Apeler" d' une Sentence; "du" Présidial "au" Parlement. = On dit, en ce sens, familièrement qu'"on en apelle", quand on ne consent pas à quelque chôse, à quelque proposition.
- De celui qui est revenu d'une grande maladie, qu'"il en a apelé".
   * En Provence, on dit "s'apeler au" Parlement, pour "apeler". L'Ab. "Vertot", qui n'était pas Provençal, a usé de la même expression. 'Quand vous "vous apeleriez" cent fois devant le peuple, j'ordone qu'on vous arrête. "Révol. Rom."
   * "Robertson", ou son Traducteur, met "en" et "de" avec "apeler": 'Colomb "en apela" directement "au" Trône "des" procédures d'un Juge subalterne. "Hist. de l'Amér." Retranchez chez "en".
    "Rem." 1°. "Apeler" est beau au figuré, avec la prép. "à" pour 2d. régime.
   Il sembloit "à" lui seul "apeler" tous "les" coups
       Racine.
Mais ce régime ne fait pas bien partout, l'Ab. "Desfontaines" a critiqué, avec raison, "Lamotte" pour avoir dit: 'Le Poète frapé de l'éclat des Héros vertueux, "apelle" à eux l'admiration et l'amour.
   2°. Quand on veut fortifier ce qu'on vient de dire, on ajoute (mais seulement dans le discours familier) "ce qui s'apelle". 'Cela est "bon", ce "qui s'apelle bon".
   Mais, "rien" n'existe ici; "ce qui s'apèle" rien.
       Gresset.
'M. de la R. F. aloit revoir les lieux où il a chassé autrefois avec tant de plaisir; je ne dis pas, où il a été amoureux; car je ne crois pas que "ce qui s'apelle" amoureux, il l'ait jamais été. "Sev." 'Nous retournons ce soir pour trois ou quatre jours, et cela s'"apellera" encôre, enterrer la Synagogue avec le premier Président, etc. "La même".




Emplacement dans le dictionnaire :

appât
appâter
appaumé
appauvrir
appauvrissement
appeau
appel
appelant
appelé

appelet
appeleur
appellatif
appellation
appendant
appendice
appendicite
appendiculaire
appendicule
appendiculé
appens




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...surpris, et c'est comme tu fais qu'un noble coeur soulage un mal injurieux qui n'est pas son partage. Oui, ne te lasse point de nous prendre en pitié : nous n'avons réconfort que de ton amitié. De t'appeler mon fils, j'ai perdu l'espérance, mais sensible à ces cris qu'arrache ma souffrance, ma fille évitera, héros, par ton secours, l'infortuné trépas qui menace ses jours. Contre un père odieux et sa...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...et mon manteau. (il faisait déjà très froid cette nuit-là.) c'était, dans mon impuissance, tout ce que je pouvais encore pour lui. CHAPITRE XXXIII Le lendemain, un lundi, le commandant me fit appeler dès le matin, et j'entrai chez lui avec un sentiment de rancune dans le coeur, avec des paroles âpres toutes prêtes, que je lui aurais lancées dès l'abord pour me venger de mes supplication d'hier...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...ton moqueur, je comprenais qu'elle me voyait dans ma cache verte. Mais je ne la voyais point, moi ; j'avais beau regarder de tous les côtés : personne ! Avec des éclats de rire, elle continuait de m'appeler, en se faisant des voix de plus en plus drôles. Où donc pouvait-elle bien être ? Ah ! Là-bas, en l'air ! Perchée sur la fourche d'un arbre tout tordu, qui avait comme des cheveux gris en lichen. Je...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...sortir du cadre de ce récit d'enfance, que de conter par quels hasards et par quels revirements dans ma manière, j'en suis venu à chanter mon mal et à le crier aux passants quelconques, pour appeler à moi la sympathie des inconnus les plus lointains ; -et appeler avec plus d'angoisse à mesure que je pressens davantage la finale poussière... et, qui sait ? En avançant dans la vie, j'en viendrai...


Citation n°5 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...quels hasards et par quels revirements dans ma manière, j'en suis venu à chanter mon mal et à le crier aux passants quelconques, pour appeler à moi la sympathie des inconnus les plus lointains ; -et appeler avec plus d'angoisse à mesure que je pressens davantage la finale poussière... et, qui sait ? En avançant dans la vie, j'en viendrai peut-être à écrire d'encore plus intimes choses qu'à présent on...


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